Deux ans avec mon chat (ou presque)*

* Les amateurs de littérature et de bêtes à poils auront remarqué le pastiche du très joli titre de Mayumi Inaba, 20 ans avec mon chat.

Cette semaine,  j’ai beaucoup pensé au commentaire que m’a fait mon amie E. quelque part l’an dernier, un jour où je lui disais que j’avais une Nième visite chez le véto à programmer: « Mais t’en as jamais fini, avec ton chat! ». Pourquoi,  me direz-vous? Choisissez la raison qui vous plaira le plus: parce que depuis lundi, je mixe religieusement deux fois par jour médicaments et croquettes? parce que mardi j’ai dû sortir le désinfectant pour cause de boule de poil régurgitée? parce que mercredi j’ai pesté contre le sac poubelle intelligemment troué par de mignonnes petites griffes? parce que jeudi soir je me suis enfin débarrassée des deux kilos de croquettes délaissés pour cause d’allergie?

Bref, vous l’aurez compris,  m’occuper de ma charmante boule de poils me prend parfois un temps certain! En presque deux ans, j’ai eu l’occasion de faire un bon tour des questions qui peuvent se poser quand on a un chat, et de me rendre compte que la réalité est bien différente de ce qu’on peut parfois imaginer! Je vous propose donc de faire un petit point avec moi sur quelques unes de mes découvertes « chatounesques »

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Pour commencer, une photo de la Bête

Le chat et la lecture
L’idée de départ: Un jour de pluie, vous êtes blotti dans un fauteuil avec un bon livre et un chat sur les genoux; le minou ronronne,  vous tendez la main pour attraper le mug de thé fumant posé sur la charmante petite table installée juste à côté.
La réalité: Vous avez à peine eu le temps de vous asseoir et de poser le mug hors d’atteinte que la bête se jette sur vos genoux, toutes griffes dehors, pour trouver sa position.  Au bout de dix bonnes minutes de patounage en règle,  vous entrevoyez une fenêtre de calme. Vite, vous vous saisissez d’une main du mug devenu tiède (à force de pratique,  vous avez développé la capacité de localiser son emplacement exact à l’aveugle,  et de le prendre d’un geste vif, sans trop vous arroser la main), et de l’autre… vous commencez à caresser la tête de la bête.  Parce qu’aucun livre ou magazine ne fera le poids face à un chat qui veut son câlin du moment. Plutôt que de jongler de manière précaire entre liquide brûlant,  papier (ou appareil électronique quelconque) hydrophobe, et petite tête toute mignonne qui vient gentiment se frotter à vos mains,  vous avez renoncé à lire. Le livre sera toujours là plus tard, mais si vous voulez boire un thé encore chaud, c’est maintenant.

Le chat et le confort
L’idée de départ: Vous avez lu sur internet,  ou une bonne âme vous aura dit, qu’un chat aime avoir son petit confort. Plein de bonnes intentions,  vous sélectionnez avec soin un joli panier/coussin/niche bien douillet. À la maison,  vous frottez ledit panier/coussin/niche d’herbe à chat séchée,  parce qu’il faut bien attirer la bête vers sa nouvelle demeure.
La réalité: Savez-vous où est votre chat? Dans la corbeille à pain. Oui,  celle qui est sur la table de la salle à manger. Je sais, il y a encore du pain dedans.

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À Berlin, le chat a choisi la corbeille à pain

Le chat et l’intelligence
L’idée de départ: Le chat est un animal particulièrement intelligent,  auquel on peut apprendre des tours. On dit que ça l’occupe et lui évite de s’ennuyer. C’est parti,  l’entraînement commence!
La réalité: Pour le coup,  ça fonctionne.  Assis, couché,  monte, descend,  viens là,  suis moi, minou maîtrise.  On augmente donc le niveau: assis et donne la patte! Ça marche! Tellement bien, que chaton s’en sert pour tout, tout le temps, de l’obtention de sa gamelle au câlin.  Le problème?  Quand on ne fait pas attention à lui, il sort les griffes.  Et là , ça fait mal.

Le chat et l’indépendance
L’idée de départ: Vous avez voulu un chat, pas un chien, pour être plus tranquille.  Pas de sorties pipi sous la pluie, pas besoin d’être constamment présent,  le chat est un grand garçon qui peut s’occuper seul.
La réalité: D’un pas pressé,  vous vous dirigez vers les toilettes. Vous jetez un regard anxieux des deux côtés du couloir.  La voie est libre, vous vous précipitez sur la poignée.  Le temps d’allumer la lumière,  de vous asseoir,  et vous sentez le soupir de soulagement qui monte… au moment même où une queue touffue vous effleure les mollets. Game over. Vous serez seul un autre jour.

Le chat et la nourriture
L’idée de départ: Vous êtes résolu.  Vous voulez être un bon maître,  qui fixe les bonnes règles.  Minou mangera ses croquettes,  et rien d’autre.
La réalité: Le téléphone sonne. Vous abandonnez votre cuisine, où vous préparez avec amour un curry de légumes.  Le chat vous observe depuis le seuil de la pièce.  Vous ne vous en faites pas, c’est un carnivore strict, selon le vétérinaire. Cinq minutes plus tard, vous revenez, le combiné à l’oreille.  Où est passé le chat? Dans l’évier,  la tête dans les pois chiches en train d’égoutter. Ah, et puis sur le plan de travail,  il y a des poils suspects autour des tomates en boîte et du lait de coco.

Le chat adulte et le calme
L’idée de départ: Vous n’y connaissez rien en chat. Au refuge,  on vous oriente vers un chat adulte. C’est plus calme, selon la soigneuse, ça ne demande pas autant d’attention qu’un chaton.
La réalité: Deux ans après,  vous avez remisé tous vos bibelots. Vous ne laissez même plus rien traîner sur le rebord du lavabo de la salle de bains (vous ne voulez même pas savoir comment votre brosse à dents s’est retrouvée dans l’entrée). Quand vous quittez le salon, vous mettez votre verre d’eau hors d’atteinte.  Le bruit du griffoir qui traverse le salon, et celui de l’arbre à chat qui tangue sous les assauts furieux ne vous réveillent même plus.

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Jeu nocturne

Le chat de gouttière et la santé
L’idée de départ: Tout le monde vous l’a dit, en plus d’être moins cher à l’achat ou à l’adoption, le chat de gouttière est plus rustique, donc en meilleure santé,  que son cousin de race.
La réalité: Au bout de même pas un an, les assistantes du cabinet vétérinaire vous reconnaissent dès que vous passez le pas de la porte. La véto elle-même ne vous fait plus payer les contrôles,  vu ce que vous dépensez en soins. La liste des affections de minou? Paresse digestive (qui a nécessité deux changements alimentaires), boules de poil (médicament quotidien,  brossage fréquent), herpès chronique (dont vous avez bien failli croire que ça allait le tuer, et qui risque de revenir à chaque modification de son environnement). Vous en venez à sursauter à chaque éternuement,  et vous contrôlez quotidiennement la litière.  Quand vous partez en vacances,  vous préparez une valisette rien que pour la bête.

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Paré pour l'aventure!

Le chat et la discipline
L’idée de départ: Vous êtes un maître strict. Le chat a le droit d’aller partout,  sauf là où ce n’est pas hygiénique.  D’ailleurs, vous vous êtes renseigné,  il existe des méthodes pour l’éloigner de la table et du plan de travail de la cuisine.
La réalité: Vous avez commencé par le brumisateur; vous en  avez pulvérisé sur le nez de minou dès qu’il ose grimper sur la table. Vous avez arrêté: dès que vous vous levez du canapé,  le chat descend; dès que vous asseyez,  il remonte. Vous êtes donc passé à l’huile essentielle d’orange,  généreusement étalée sur le comptoir.  Vous avez arrêté: minou s’est brûlé les coussinets en sautant sur le plan de travail,  ça vous a valu un appel au samu des chats. Vous avez jeté l’éponge;  le chat s’allonge sur la table en plein dîner de crémaillère,  vous acceptez la honte, vous êtes dominé.

Et je pourrais vous en raconter bien d’autres encore, comme le fait que Chachat est un vrai bavard,  sauf quand il s’agit de s’assurer qu’il ne s’est pas enfui par la porte de l’appartement,  ou qu’il vous attend pour vous mettre un coup de patte quand vous n’êtes pas libre pour jouer avec lui…

C’est donc, en effet, un investissement de tous les jours, mais bon, quand on le voit comme ça, on ne peut que craquer,  non?

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